mercredi 28 mai 2014

Mondial : accord entre l’ENTV et beIN sport

Les Algériens pourront suivre les matchs de l’équipe nationale et une partie du Mondial brésilien sur la télévision nationale. Un accord vient d’être trouvé entre l’ENTV et le réseau de télévisions beIN sport appartenant au groupe qatari Al Jazeera pour la diffusion de 24 matchs de la Coupe du monde, dont ceux de l’équipe nationale, a appris TSA de sources sûres.
Le montant de l’accord s’élève à 30 millions de dollars. La diffusion concerne uniquement la chaîne terrestre, captée sur la voie hertzienne en Algérie. Les chaînes satellitaires ne sont pas concernées.
En octobre 2013, l’ENTV avait dénoncé le chantage du groupe audiovisuel qatari concernant l’achat des droits de retransmission du match Algérie-Burkina Faso. Al Jazeera conditionnait la vente des droits de retransmission du match par l’ouverture d’un bureau à Alger avant de le diffuser, affirmait l’ENTV. Cette dernière avait finalement diffusé le match de façon illégale.

vendredi 23 mai 2014

Politique énergétique de l'Algérie vis à vis du Gaz de schiste !

L’Algérie a décidé d’exploiter le gaz de schiste. Économiquement, le pays a-t-il besoin de cette énergie ?
Par respect envers vos lecteurs, je tiens à consacrer, ne serait-ce qu’un court instant, à la définition des gaz et huiles de schiste et dire ce qui les distingue des hydrocarbures conventionnels.
Les hydrocarbures dits de schiste sont contenus dans une roche, appelée « roche mère » par les géologues. Celle-ci est le résultat d’une sédimentation sous-marine riche en matières organiques, qui se sont transformées, durant des millions de siècles, en pétrole et gaz s’imprégnant au sédiment. Des hydrocarbures contenus dans la roche-mère ont migré à travers les âges, en partie vers une roche dite « magasin » ou « piège », pour former un gisement dit « conventionnel ». Plus importante, la partie restée piégée dans la roche-mère forme un gisement de pétrole-gaz dit « non conventionnel ». C’est l’huile-gaz de schiste.
L’Algérie est classée aujourd’hui troisième grand détenteur mondial de réserves de gaz de schiste, après la Chine et l’Australie et avant les USA. C’est toujours intéressant d’exploiter des richesses, que ce soit l’eau, le gaz, le vent, ou toute autre richesse naturelle. Autrement dit, c’est enfoncer des portes ouvertes que de dire cela. On n’a pas besoin d’une annonce d’un hypothétique Conseil des ministres pour dire une telle chose.
Mais en omettant de donner en même temps les réponses à d’autres questions qui s’imposent  –c’est à dire : à quelle fin ? Pour quelle utilisation ? Au profit de qui ? Dans le cadre de quelle stratégie énergétique nationale ? — En taisant tout cela, le pouvoir avoue, soit qu’il cache à la population des choses qui seraient inavouables, soit qu’il ment, soit qu’il est lui-même ignorant.
En sus de ces questions, il y a, pour mémoire, celle des technologies : on les étudie, on les acquiert et on les assimile. Contentons-nous de savoir que ce qui a rendu possible l’exploitation du gaz de schiste c’est la technologie des forages horizontaux qui permettent des épaisseurs de couches considérablement plus élevées que celles qui sont permises par les forages verticaux. Il faut ajouter à cela les techniques d’augmentation artificielle de la porosité (fracturation notamment).
Les hydrocarbures conventionnels sont beaucoup moins chers à produire que le gaz de schiste ou les LTO (produits liquides de la même couche). Or le sous-sol algérien est loin d’avoir tout révélé de ce qu’il contient en sources conventionnelles d’énergie fossile.
S’il est raisonnable de penser que nos ressources financières et humaines ne sont pas illimitées, il faut donc commencer par investir pour développer ce qui coûte le moins, c’est-à-dire dans le conventionnel. Prétendre qu’on a tout épuisé c’est mentir ou faire montre d’une ignorance grave. En 1967, d’aucuns (les dirigeants pétroliers français et dans leur sillage quelques irresponsables algériens) prédisaient  la fin de tout espoir de découverte nouvelle significative … et d’annoncer même, courbes à l’appui (voyez les archives de l’ex-Repal) le début de l’épuisement de Hassi-Messaoud en début  1974 ! On peut se tourner vers le gaz de schiste si on a des ressources financières sans limites, on peut alors chercher à investir à la fois dans le conventionnel et dans le gaz de schiste. Le conventionnel, non seulement dans l’exploration de gisements nouveaux, mais aussi dans l’augmentation des taux de récupération des réserves déjà mises à jour.
Si cela est beaucoup plus cher, pourquoi le gouvernement actuel cherche-t-il à exploiter le gaz de schiste ?
Plusieurs lectures : peut-être pour masquer une indigence de la pensée –ou simplement d’absence de politique- en matière énergétique ? Ou peut-être une énorme bourde –qu’ils savent et que nous nous ne saurions pas– en matière d’exploitation, une sorte de catastrophe dans un ou des gisements conventionnels laquelle nous empêcherait d’honorer nos futurs projets d’exportation ?
Depuis la mort de Boumediene, l’histoire de Sonatrach est jalonnée d’une suite ininterrompue de chasses aux sorcières, d’affaires de corruption à grande échelle… tout cela se fait au détriment d’une démarche attentive à la saine politique d’exploitation des gisements. Il faut que l’on sache que pour un seul pourcent  de perdu au niveau du taux de récupération des réserves d’un gisement tel que Hassi-Messaoud, cela signifie une perte sèche et définitive de 100 milliards de dollars au préjudice du peuple algérien propriétaire de ces réserves.
L’incompétence et la négligence peuvent tuer un gisement. Regardez ce que des pétroliers français avaient fait de Zarzaïtine ! Une mauvaise exploitation, une mauvaise stratégie, et ce qui est perdu est définitivement perdu. C’est ce que je crains. D’ailleurs, je le vois, la production diminue depuis trois ans.
En résumé, la problématique des gaz et pétroles de schiste change du tout au tout, selon que l’on est dans le cadre d’une saine politique énergétique globale et cohérente avec un développement national authentique ou que l’on est dans une logique d’appel en urgence aux dits gaz de schiste pour compenser et masquer en même temps quelque chose d’inavouable. Pour pousser subrepticement en somme les poussières et autres saletés sous le tapis.
Il y a un an et demi, le Premier ministre Sellal parlait d’une exploitation dans 40 ans. Pourquoi ce revirement ?
Pourquoi ne lui posez-vous pas la question ? S’il a voulu dire que l’Algérie en avait pour quarante ans de réserves en hydrocarbures, il a contredit outrancièrement le président qui lui, quatorze ans auparavant (de Laghouat via la télévision), avait fait annoncer que l’Algérie n’en avait plus que pour 20 ans de pétrole. Donc normalement il nous en resterait pour six ans !
Allez expliquer comment on peut, tantôt affirmer que sur la base d’une production de trois millions de barils par jour nos réserves seraient épuisées en 2020 et tantôt proclamer publiquement un an après que l’Algérie était prête à « assurer la sécurité énergétique (sic) des USA pour cinq millions de barils par jour ?
Cela ne risque-t-il pas d’entrer en concurrence avec nos exploitations de gaz naturel en nous obligeant à en baisser le prix à l’exportation ?
Cela dépend de ce que l’on vise ? Est-ce l’objectif de financement du budget et de la vie quotidienne des Algériens ?  Ou, est-ce la satisfaction en toute sécurité de nos besoins économiques, notamment énergétiques,  et sociaux ainsi que ceux des générations futures ?
Continuons-nous à dépendre entièrement d’une richesse éphémère et non produite par nos propres énergies créatrices ? À ignorer, voire entraver les capacités créatrices des Algériens ? Pour exonérer l’incurie du pouvoir qui a conduit à une situation d’une grave précarité on n’a pas craint de faire prononcer à des dirigeants de ce pays ce que j’ai qualifié de blasphème économique, un blasphème tout court, à savoir que « Le pétrole n’est pas une grâce mais une malédiction ».
Nos échanges avec les Occidentaux doivent donc dépasser le modèle éculé de fournisseur-acquéreur de matières premières.
Il était question de se lancer dans les énergies propres, dont le solaire….
Plus généralement et plus exactement, il s’agit d’abord d’assurer la sécurité énergétique nationale d’aujourd’hui et de demain ce qui signifie l’élimination progressive de la dépendance vis-à-vis des sources fossiles, qui sont limitées, éphémères et de surcroît nuisibles à d’autres ressources naturelles : climat, océans, environnement. Cela signifie ensuite le recours à des sources pérennes, renouvelables, propres (solaire, éolien, géothermique)… Le nucléaire-fission, sans être ni pérenne ni propre, peut être une transition obligée en attendant le nucléaire-fusion.
Une source d’énergie des plus importantes est représentée par les économies d’énergie et plus généralement l’éradication de toutes les formes de gaspillage de ressources. Aussi toute politique énergétique digne de ce terme ne saurait s’arrêter à la « production » mais doit se projeter sur toutes les autres politiques : aménagement des territoires, urbanisation, protection de l’environnement, changement du mode de vie.
Les puissances étrangères ont-elles influencé cette décision ?
Il n’est d’influence étrangère que celle que les pouvoirs locaux appellent eux-mêmes, dans leur croyance naïve – et combien fautive !-  que la protection, que l’étranger leur apporterait pourrait remplacer la protection qu’ils dédaignent rechercher auprès de leurs propres peuples.
En un temps passé, la question de l’influence étrangère ne se posait pas. Du temps de la Izza Wal Karama, malgré une rupture de relations diplomatiques entre l’Algérie et les USA, de 67 à 77 suite à la guerre des 6 jours, en dépit des nationalisations des intérêts pétroliers US en Algérie, le Secrétaire d’État US, Henry Kissinger, passait volontiers par Alger pour « recueillir l’avis du Président Boumediene » auquel, selon lui,  l’Administration accordait crédit.
Certains périmètres retenus (Timimoune, Tindouf…) se trouvent dans des zones habitées. Quels sont les risques ? On parle d’un risque sismique provoqué par la fracturation hydraulique …
L’Afrique du Nord est barrée du Sud-ouest au Nord-est, donc selon une large bande qui couvre principalement l’Algérie et la Libye, non pas par une nappe albienne, mais par des centaines de gisements d’eau fossile, gisements qui ne sont pas liés entre eux, et qui n’ont en commun que l’âge de leur formation (l’Albien).
Cette eau n’est pas renouvelable mais les quantités sont tellement considérables, qu’elles ne sont épuisables qu’à travers plusieurs générations, même si l’on aménageait dans le sud du pays plusieurs millions d’hectares de terres irrigables.
Quelle incidence ces exploitations peuvent-elles avoir sur la nappe albienne que nous « partageons » avec la Libye et la Tunisie ? Nous ne partageons que les nappes qui sont à cheval sur nos frontières, c’est-à-dire moins d’un millième voire un dix-millième des réserves totales des nappes albiennes algériennes.
Quel serait le risque de pollution des nappes albiennes par les fracturations des roches mères ? Dans l’état actuel de ma connaissance des technologies nouvelles de fracturation, et sauf si je me trompe, les gaz de schistes sont tellement loin des nappes d’eau (distances en profondeur de plusieurs kilomètres) que je ne vois pas d’interaction possible, sauf en matière de quantités d’eau prélevées pour les besoins de la fracturation.
Ce n’est pas une seule nappe mais il y en a plusieurs qui ne communiquent pas forcement entre elles. Il y a de l’eau fossile dans plusieurs gisements dans le sud. La nappe est très au-dessus des gisements de schiste. Je ne vois pas d’autres solutions pour fracturer la roche mère ni d’interactions possibles.